Orchestre à cordes

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Couleurs

(2010)
Orchestre à cordes
Durée : 5’47”
Œuvre de commande, fait partie de la suite Visages, compositeur en résidence à l’École FACE de Montréal

C’est probablement la pièce qui est la plus proche de mon langage musical personnel. Bien que vous ne l’entendiez pas, elle prend ses racines du mot FACE. Si l’on prend les lettres F, A, C, E et qu’on leur donne leur nom de notes de musique nous obtenons : fa, la, do et mi. Mon motif principal fait la mélodie suivante : A-F-A-F-C#-E ou si vous préférez la-fa-la-fa-do#-mi. Un langage franchement moderne qui conserve cependant beaucoup de mes caractéristiques lyriques. C’est un voyage intérieur qui prend son départ dans une cour d’école avec une petite référence à une mélodie enfantine que je chantais quand j’étais tout petit :

Rond, rond, macaron,
ma p’tite sœur, ma p’tite sœur.
Rond, rond, macaron,
ma p’tite sœur est dans maison.

Puis, la pièce prend une tournure plus emportée. À la toute fin, après s’être brisée à force d’émotions fortes et troublantes, la musique s’allonge sur une plage infinie bordant une mer sans faille sous une bordée d’étoiles rutilantes, pour enfin se reposer et juger du chemin parcouru. Couleurs est à l’image des questionnements qui font partie du quotidien lorsque l’on a 16 ans. Le blanc se mêle au noir et les demies teintes nous plongent au cœur de nos remises en question. Et pourtant, le calme et la paix intérieure sont à portée de nos âmes, à un doigt de nos espérances.


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To Dream

(2010)
Orchestre à cordes
Durée : 4’25”
Œuvre de commande, fait partie de la suite Visages, compositeur en résidence à l’École FACE de Montréal

Au départ, cette pièce était destinée à être chantée. On a demandé à des jeunes du primaire d’écrire quelques textes en attendant que les plus grands soient mis à contribution à leur tour. Le texte que j’avais choisi ne comportait que deux lignes, mais elles étaient belles et imagées. L’inspiration s’en suit et je travaille sur la pièce sans me poser trop de questions sur l’originalité du texte. Certains des textes soumis par les tout jeunes élèves étaient souvent des chansons connues qui mettaient en valeur le mot « face » en référence à l’école bien entendu. Un doute persistait dans ma tête. N’y tenant plus, j’effectue une recherche sur Internet et je me rends compte que le texte en question était effectivement l’œuvre d’un chanteur populaire! Il était donc impossible pour moi d’utiliser du matériel préexistant. J’ai donc modifié la pièce pour qu’il soit interprété par les cordes. Il faut noter que le motif principal a été inspiré d’un motif de quatre notes tiré de la masse de motifs mélodiques que les élèves du quatrième et cinquième secondaire m’ont donnée. Une ou deux idées rythmiques ont aussi été intégrées à la réalisation de cette composition. To Dream est une balade qui met en valeur la masse des cordes. Parfois, un violon solo s’en détache pour prendre son envol et agir comme un observateur qui au loin commente à son tour. L’esprit qui s’en dégage en est un de contemplation. Le calme et la sérénité sont aussi au rendez-vous. Un peu à l’image de mon adolescence au cours de laquelle j’aimais bien rêvasser…


Suite du Promeneur

(1992)
Orchestre à cordes
Durée : 10’00”
Créée par l’Orchestre Philharmonique de l’Isle sous la direction de Boris Brott.

La Suite du promeneur

Cette suite est dédiée à mes parents qui m’épaulent avec amour, depuis tant de temps.
L’Homme est un promeneur en instance de mort. Cependant, il lui arrive de perdre la vie bien avant que son corps, refroidi, ne nourrisse la terre. Par manque de confiance, par laisser-aller ou par abdication, il lui est bien souvent difficile de se rendre compte que l’existence dépend non seulement d’impondérables, mais en outre d’une soif de se connaître lui-même malgré les déséquilibres que cela peut entraîner. Il lui est toujours plus difficile de se remettre constamment en question, mais plus insupportable encore est pour lui le sentiment de n’être qu’un fétu de paille à la merci du vent. Aussi, cette suite fait-elle appel au coeur et à la rage de vivre. Ne pas être simple spectateur. Ne pas avoir peur de l’erreur. Allez au bout de soi avec le doute et la satisfaction de ne pas être en reste avec la vie.