Solistes

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PIANO

Allez, viens!

(2012)
Piano
Durée : 4’25”
Finaliste au concours de composition CMC-Québecor 2013

Cri de ralliement, appel vers les jeux et les plaisirs simples de l’enfance.
Un ami qui cogne à la porte, le devoir qui me retient à la maison.
Et pourtant il fait beau.
Le soleil, l’air et l’idée même de la joie de sortir pour courir et s’amuser tendent leurs bras et veulent m’extirper de l’ennui mortel de la solitude.
Comme c’est tentant… mais…
Irais-je?


Qui suis-je?

(2010)
Piano
Durée : 3’12”

Une pièce en forme de point d’interrogation.
Un petit morceau qui est à la recherche de sa personnalité, de son essence primaire.
Il fouille son inconscient pour trouver de qui il s’inspire et de quel bois il se chauffe.
Un petit motif de fantaisie qui épouse la forme de la queue d’un scorpion au bout duquel culmine le dard fatidique.
Seul celui qui lira entre les portées trouvera sa réponse pour enfin aspirer à une paix intérieure, troublante cependant en raison de sa précarité.
Qui peut dormir en toute quiétude alors qu’une indiction peut arriver à l’improviste en nous sommant de répondre à cette question : qui suis-je?


Vains sont les jours

(2010)
Piano
Durée : 5’20”
Créée par Patil Harboyan en 2010 à New York

Sommes-nous vraiment maîtres de notre destinée?
C’est la question que l’Homme se pose parfois lorsque le temps pluvieux le rend mélancolique et songeur.
Le pendule du temps régule nos vies.
Bien que cette notion mille fois expliquée fasse partie de nos gênes, l’Homme se plaît à se croire être comme un électron libre qui fonce tête baissée vers l’avant et qui prend la vie à bras le corps, dans un élan qui le mène, du moins il le pense, vers l’immortalité.
Et pourtant, l’horloge biologique coule goutte à goutte jusqu’à ce que la terre aride et poussiéreuse ne l’avale méthodiquement, de façon inexorable.
Le poids du temps écrase toute tentative d’évasion.
Et tout redevient simple, simple et sans prétention.
Vain est le temps.

L’Homme n’est que vanité.
Vains sont les jours.
Et les jours se ferment sur l’éternité.


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Duel

(2008)
Piano
Durée : 7’15”
Mention spéciale au World Music Competition IBLA Grand Prize 2010
Créée par Philippe Prud’Homme en 2009

Duel représente la mise en scène deux personnages. Ils sont différents, mais complémentaires.
Ils pourraient tout aussi bien être tirés d’un film de cowboys ou bien être un couple de danseurs exécutant un pas de deux. C’est la représentation de la dualité de la vie. Parfois charmeuses, parfois intempestives, les deux entités s’entremêlent, se chevauchent, se partagent la ligne directrice sans jamais parvenir à se dissocier. Le feu et la passion entretiennent le dialogue. Les images de deux rubans s’entrelaçant, s’entortillant durant leur course folle, me viennent à l’esprit. Bien que parfois l’une des lignes tente de s’échapper, elle est vite rejointe pour former une ligne d’énergie qui est aussi dense et chaude qu’un laser. C’est l’interdépendance de l’Homme avec son prochain,
avec son environnement qui est célébrée ici. Nul ne peut se soustraire à l’Autre et nous tous avons besoin de l’Autre pour vivre et nous dépasser. Duel est une ode à l’amour.

VIOLON

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Phœnix

(2014)
Violon et orchestre à cordes
Durée : 17’00”
Œuvre commandée et créée par la violoniste française Marie Cantagrill et l’Orchestre de chambre d’Ariège le (France)

Lorsque l’on analyse le processus créatif, il est intéressant d’observer la trajectoire que suit la pensée au travers des objectifs que l’on s’était donnés au départ, au moment de la conception de l’œuvre. Une fois l’œuvre créée, l’on jette un regard derrière nous. Un peu comme refaire surface après une plongée en eaux profondes pour prendre conscience du chemin parcouru. Le texte qui suit a été écrit peu de temps après que j’aie reçu la commande de la violoniste française Marie Cantagrill, le 22 août 2014. J’ai été agréablement surpris en le relisant de constater à quel point j’étais resté fidèle à mes intentions. Dans ce court prologue à mon travail, aucune mention du Cortège des oiseaux ou de l’existence du Bûcher. Ce n’est qu’à la suite de lectures et de recherches sur Internet que s’imposera à moi la nécessité de les insérer dans la pièce. Le texte qui suit a été écrit le 9 septembre 2014.

Le lien narratif est important pour moi lorsque je compose. La mise en place des différentes sections musicales trouve sa motivation de par ses objectifs dramatiques. L’imagerie que l’auditeur forme dans son esprit est non seulement forgée par la musique en tant que telle, mais aussi par les éléments non musicaux qui la supporte. Le choix d’un titre n’est jamais banal à cet effet. Il met l’interprète en phase avec une pensée musicale et une ligne narratrice tout autant que pour le public. Ainsi, Phœnix répond à ces critères.

Phœnix porte différentes définitions, mais la plus intéressante est celle qui le décrit comme un oiseau mythique qui renaît de ses cendres. Et c’est exactement ce que je veux proposer! Je veux mettre en musique la renaissance d’un esprit, d’un corps, mais surtout le phénomène de plus en plus répandu en cette ère du numérique : la réorientation d’une vie, d’une carrière. Que cette bifurcation soit d’ordre technologique, social ou personnel, la ligne droite n’existe plus dans nos vies. L’esprit du phénix représente ces idées du renouvellement, de l’adaptation, de la mutation. À l’image de la mise à jour d’un logiciel, l’Homme doit se redéfinir tout en maintenant son intégrité émotionnelle. C’est pour ces raisons que cette œuvre s’inscrit de façon toute particulière dans mon tracé créatif et, je le crois, dans la vie étonnante de Marie Cantagrill qui est revenue à ses sources dans sa région natale en Ariège pour y faire flèche de tout bois.

La structure de ma pièce suit le cycle de la vie d’un phénix dont l’apparence est décrite par Caius Julius Solinus : « … qui a la grandeur de l’aigle, la tête ornée d’une touffe de plumes, la mandibule inférieure parée de caroncules, le cou rayonnant d’or, le reste du corps de couleur pourpre, si ce n’est la queue, qui est azurée et semée de plumes incarnates. » Une structure sous forme d’ellipse. On est témoin de la période de sa vie qui le mène vers sa renaissance. On peut déjà identifier certaines caractéristiques musicales : énergie, force, amplitude du vol et grâce du mouvement. Le défi est de lier le tout avec une ligne directrice forte : le violon.


Deux mouvements pour un ange…

(1994)
Violon et piano
Durée : 6’15”

Trompette

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L’Indécis

(2013)
Concerto pour 6 trompettes, un soliste et orchestre
Durée : 16’15”
Créée par le trompettiste Frédéric Demers accompagné de l’Orchestre symphonique de l’Estuaire sous la direction de Luc Chaput

Le Trompettiste présente tous les symptômes du trouble de la personnalité multiple. C’est un phénomène connu et qui touche la plupart des trompettistes. Il joue de différents instruments qui chacun mettent en valeur un aspect de sa nature, de sa sensibilité. Mais il n’arrive pas à cerner qui il est réellement. Il décide alors de consulter un psychiatre!

Arrivé au bureau du psychothérapeute, il hésite… déterminé à aller au bout de sa quête, il veut en avoir le cœur net, il prend son courage à deux mains et une bonne respiration, puis après avoir déposé au sol certain de ses instruments, il cogne à la porte.

Après les présentations d’usage, on entre dans le vif du sujet. À l’invitation du psy, le Trompettiste est intarissable. Le récit que le musicien fait de sa situation met en lumière les différentes personnalités qui l’habitent. Tantôt suave, tantôt martial toujours à vif au niveau des émotions, notre trompettiste déballe son trop-plein d’émotivité et sa vision artistique à laquelle s’entremêle les sentiments variés qui luttent pour se faire entendre au-dessus du chaos identitaire. Après quelques secondes de réflexion, le psychiatre suggère au trompettiste en détresse de fouiller plus profondément dans ses souvenirs. La source de ses tiraillements s’y trouve peut-être. Pour l’y aider, le thérapeute lui propose une séance d’hypnose. Pourquoi pas! Réponds le Trompettiste. Ainsi commence un voyage étrange dans le monde mystérieux de la trompette et de ses semblables.

Au son de la voix de l’hypnothérapeute, grave et monocorde, le corps du trompettiste se détend. Il n’a pas conscience qu’il quitte le monde réel, mais tout son être devient liquide de détente. Le temps est uniforme. Sa vision est embrumée. Il entend le chant des sirènes. Soudain, le ciel s’ouvre devant lui. Comme si l’Univers s’offrait à lui sans restriction, sans tabou.

Un club. Du jazz? Peut-être. Un rythme obsédant. C’est sûr.

Les idées se bousculent. Comme oppresser de toutes parts le Trompettiste cherche sa voix. Un dialogue s’installe. L’écho semble lui répondre. Et toujours ce rythme qui comme un serpent lui glisse entre les doigts. Il comprend son rôle. Il s’échappe enfin. On le rattrape peu à peu. On l’entoure. On l’encercle. Il essaie de crier, mais sa voix est graduellement noyée dans un tumulte de plus en plus épais.

Il hurle. Il se débat. Il…

Au moment où il sent qu’il allait perdre pied, il redescend de plus belle dans la transe hypnotique.

La réalité n’a plus de prise.

Cette nouvelle transition le transporte dans un monde froid et douloureux. Un mélange de douceur et de tristesse. Vers quelle destination se dirige-t-il? Ah! Il le pressent. Le souvenir doux amer d’un sentiment à la fois enivrant et cruel. Ah! Il le redoute et le désire. Cette sensation, il la reconnaît. C’est celle de l’amour retrouvé…

Le trompettiste se revoit en des jours lumineux. Il lui parle. Elle lui répond. Un dialogue qui n’a pas vieilli et qui n’a pas sauté une maille. C’était du temps des projets, du temps des plans d’avenir… Tout n’est que souvenir.

Le cœur encore tout gonflé de cet amour qui suinte de tous les pores de son corps, voilà que le Trompettiste glisse tout doucement, encore plus profondément, encore plus abyssalement en direction de son âme, de son essence même.

Dans ce nouveau lieu, tout s’illumine. Il se retrouve dans un univers familier. Il touche aux origines de son lignage. Une musique aux couleurs cosmiques. À la fois éthérée dans sa fabrique et dense dans sa fibre. Une énergie renouvelée s’en dégage. Le Trompettiste sent qu’il touche enfin au but. Qu’il redécouvre ses vertus essentielles. Cela le conforte dans ses choix. Il sait qu’il peut maintenant enfin sortir de sa torpeur.

Il comprend qu’il est dans sa nature de faire vivre côte à côte tous ces mondes. Il accepte la multiplicité de ses instruments, des ses caractères et de leurs diversités. Que chacune de ses trompettes est une partie réelle de lui-même et qu’elles définissent qui il est. Le Trompettiste est libéré de ses chaînes. Il est heureux. Et lorsqu’un trompettiste est heureux, le monde en général s’en porte mieux!

L’indécis, extrait MIDI 1

L’indécis, extrait MIDI 2


L’Homme exposé encore une fois

(2007)
Version pour deux trompettes et orgue de L’Homme exposé
Durée : 3’10”
Œuvre commandée pour le 40e anniversaire d’Expo67
Pour le festival Orgue et couleurs de Montréal

Cette version pour orgue et deux trompettes est une adaptation de la version pour quintette de cuivres qui a pour titre L’Homme exposé.

Cette fanfare, oeuvre commandée tout spécialement pour les Concerts populaires de Montréal et la série Orgue et couleurs toujours à Montréal, se veut un hommage à l’Expo67 qui avait pour thème Terre des Hommes, inspiré du roman d’Antoine de Saint-Exupéry.

L’introduction s’inspire du thème mélodique de la chanson Un jour, un jour de Stéphane Venne. Suivent trois sections qui prennent leur source des sous-thèmes originaux de l’Expo67 : l’Homme dans la cité (entendez-vous le métro dans la cohue urbaine?); l’Homme cherche (l’esprit scientifique! Précurseur de notre mode de vie) et l’Homme crée (dans la joie bien entendu – c’est pourquoi le souvenir de La Ronde de Marc Gélinas nous transporte dans une valse joyeuse). Puis la finale nous transporte vers le port, là où les bateaux font le plein des millions de visiteurs qui quittent tristement Montréal en se promettant d’y revenir…


4 Sonneries

(2006)
Trompette solo
Durée : 0’55”
Ouverture du chapitre général des Sœurs Grises à Montréal


Procession

(2000)
Trompette et orgue
Durée : 3’10”
Créée par Louis Babin, trompette et Yvan Provost, orgue

CARILLON

Carillon de la Place Claude-Léveillée

628 736 et des poussières

(2012)
Carillon
Durée : 1’11”
Commandée par la Ville de Laval et créée au Carillon de la Place Claude-Léveillée à Laval le 11 novembre 2012


Indicatif du Carillon

(2012)
Carillon
Durée : 0’33”
Carillon de la Place Claude-Léveillée à Laval


Première volée

(2011)
Carillon
Durée : 0’43”
Composée spécialement pour l’inauguration du Carillon de la Place Claude-Léveillée à Laval

VIBRAPHONE

louis-babin-papillonage

Papillonnages

(2013)

Vibraphone
Durée : 4’00”

Un mouvement chaotique, fragile, léger et empreint d’une beauté évanescente.

Un tourbillonnement incessant.

Une quête utopique sans fin du repos.

Au-delà de l’urgence se dessine une poésie dans le geste.

C’est ma vision du papillon.

Libre.

Sans contrainte.

Mais structuré malgré tout.

On le sent, en l’observant, qu’un instinct sûr le dirige.

C’est ce qui anime Papillonnages.

C’est ce qui nous anime tous.

Dans un monde où le mouvement prend souvent le dessus sur l’essentiel.

Il faut parfois se poser.

Prendre un temps, une pause.

Saisir l’instant présent.

Méditer un peu avant de reprendre son vol.

Le rythme fou du quotidien finira toujours par nous avaler.

Si l’on n’y prend garde, la seule alluvion que nous laisserons derrière nous n’aura que la forme d’une impulsion.

Papillonnages, version MIDI


louis-babin-clock

Le gardien du temps

(2013)

Vibraphone
Durée : 4’41”

Telle une goutte de pluie qui tambourine à intervalle régulier le plancher de bois,

Le temps inlassablement frappe, arrache, marque, délimite l’espace.

Cette pulsation est comme un phare qui guide et règle la vie.

Non seulement en sommes-nous prisonniers,

Nous en sommes aussi le cerbère, le garde, le gardien…

Le gardien du temps, version MIDI