Biographie

LOUIS BABIN, COMPOSITEUR

Donner un sens à la vie.

N’est-ce pas ce que nous recherchons tous? C’est à tout le moins ce qui nourrit ma motivation créatrice. Mettre en jeu des symboles et les manipuler pour leur donner une signification.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours cherché à remodeler, à ma façon, tout ce qui m’entourait. Je passais des heures à fabriquer, avec des cure-pipes, des personnages inspirés de mes héros de la télévision, pour ensuite leur inventer des scénarios.

À neuf ans, mes parents m’ont proposé de suivre des cours de piano et de trompette. Comme j’aimais improviser sur les touches noires du clavier! La structure pentatonique donnait une couleur exotique qui me faisait rêver. C’était un prélude à mes études musicales, où l’alto, puis la trompette et l’écriture ont habité mon corps et mon âme pendant des années.

Pendant ma formation, je fais mes premières expériences de créations musicales au théâtre. Un nouveau contact avec la scène, en tant que compositeur, qui me marque profondément. De fusionner la musique à un texte, à une mise en scène et au jeu des acteurs me donne l’occasion de créer un lien émotif particulier avec les spectateurs. Au-delà de la beauté intrinsèque du son, je découvre la force émotionnelle qui lie la musique à des personnages, des situations ou des lieux. Des liens vécus de manière toute personnelle par chacun des spectateurs.

Il est ensuite tout à fait naturel pour moi de poursuivre cette filière créatrice avec le septième art. En plongeant dans la musique cinématographique, c’est un Nouveau Monde qui s’ouvre à moi avec ses aspects techniques : l’ordinateur, l’échantillonneur, la synchronisation de la musique avec l’image. C’est une période exaltante et riche en rencontres.

Surtout que pendant toutes ces années de recherches et de créations, je poursuis une carrière de trompettiste, touchant à tous les genres : classique, contemporain, jazz, populaire et actuel. Je me produis à l’extérieur du pays, nourrissant ma palette de couleurs et de styles musicaux. Pourtant, je sens naître en moi un désir de plus en plus profond de m’affranchir. Être maître, enfin, de mes propres histoires. À l’heure des choix, tout aussi difficiles que libérateurs, je remise finalement ma trompette afin de me consacrer avant tout à la composition et à la direction.

C’est ce qui motive mon retour aux études et mène à une rencontre déterminante : celle de mon mentor et ami, le compositeur Michel Longtin. Son profond respect et l’admiration qu’il porte à Sibelius, Bernstein et Goldsmith illustrent la relation entre la musique dite sérieuse et la musique de film. Si, au cinéma et au théâtre, la musique est au service de l’histoire proposée par un autre, dans la musique de concert, le compositeur a un rôle central dans la structure même de la trame narrative. Comme je le faisais enfant avec mes petits bonhommes, je pouvais jouer au narrateur et devenir maître du récit.

À partir de ce point, je raffine et définis ce style narratif dans mes œuvres. Saint-Exupéry : de cœur, de sable et d’étoiles est un poème symphonique qui interprète la vie du pilote-écrivain en trois temps. L’Indécis, pour un soliste jouant six trompettes, et orchestre, confronte un individu aux différentes facettes de sa personnalité dans la quête de son être profond. Phœnix, pour violon et orchestre à cordes, expose la transfiguration, la renaissance d’une vie qui prend une nouvelle tangente suite à un choix ou à une maladie. Je suis l’Âme fauchée, pour orchestre, est inspirée des attentats à Paris et illustre le témoignage d’une victime innocente dans un café.
Des œuvres uniques et variées, mais créées dans une même optique : à chaque fois, toucher l’âme, ne pas se contenter de charmer.

Voilà qui donne un sens à ma vie.